La Grande Mosquée de Kairouan

Véritable joyau de la civilisation musulmane, la Grande Mosquée de Kairouan a le privilège d’être la plus ancienne des mosquées de la région du Maghreb. Oqba Ibn Nafî, qui est aussi le fondateur de la ville, a entamé l’édification de cette merveille architecturale à partir de 670 (l’an 50 de l’hégire). Et l’œuvre est tellement... View Article

Véritable joyau de la civilisation musulmane, la Grande Mosquée de Kairouan a le privilège d’être la plus ancienne des mosquées de la région du Maghreb. Oqba Ibn Nafî, qui est aussi le fondateur de la ville, a entamé l’édification de cette merveille architecturale à partir de 670 (l’an 50 de l’hégire). Et l’œuvre est tellement réussie esthétiquement que beaucoup se plaisent à l’associer à son bâtisseur en l’appelant mosquée Oqba Ibn Nafi.
La Grande Mosquée de Kairouan a subi plusieurs travaux de rénovation et d’élargissement, surtout sous le règne de la dynastie des Aghlabides connue pour avoir fait rayonner l’Ifriqiya (l’ancienne Tunisie) en développant la culture et les sciences. C’est d’ailleurs ce qui a poussé plusieurs populations arabes à s’installer à Kairouan, d’où l’augmentation du nombre des habitants de la ville et des fidèles assoiffés de savoir. Ce qui frappe aussi les esprits en voyant la mosquée Oqba Ibn Nafi, c’est son enceinte spectaculaire qui ouvre sur une immense cour et des portiques dont la magnificence a contribué à fabriquer la grande renommée de l’édifice. Près du centre de cette cour, on peut admirer un somptueux cadran solaire horizontal qui permet de connaitre l’heure des prières. Massif et imposant, le minaret de la Grande Mosquée est considéré comme un modèle du genre pour tous les édifices religieux de l’Occident musulman. Quant à la salle de prière, elle se distingue par ses dix sept portes en bois sculpté et les 414 colonnes de marbre précieux et de granit qui la soutiennent. Le plafond, qui retrace l’histoire de la peinture sur bois à travers mille ans, participe à la magie de l’endroit. L’une des richesses les plus importantes de la bibliothèque de la Grande Mosquée, ce sont les fameux feuillets du Coran bleu, qui date de la seconde moitié du IVe siècle de l’hégire. Ils contiennent des « sourates » écrites en caractère kufique doré sur du vélin teint à l’indigo. Pour les voir, il faut se rendre au musée national d’art islamique de Raqqada, à Kairouan. Quand on voit l’impressionnante collection de parchemins et de manuscrits calligraphiés de la bibliothèque, on comprend aisément pourquoi la Grande Mosquée de Kairouan était parmi les hauts lieux du savoir scientifique et théologique de la civilisation arabo-musulmane.