La médina de Tunis

C’est le centre de la ville qui s’est développé autour de la mosquée Zitouna. Fondée en l’an 698, la médina s’étale sur 270 hectares et abrite 100.000 habitants. Elle a été, à son apogée, un carrefour économique, culturel et religieux qui s’ouvrait sur les autres régions et continents (l’Afrique, l’Europe, le Maghreb…). La médina de... View Article

C’est le centre de la ville qui s’est développé autour de la mosquée Zitouna. Fondée en l’an 698, la médina s’étale sur 270 hectares et abrite 100.000 habitants. Elle a été, à son apogée, un carrefour économique, culturel et religieux qui s’ouvrait sur les autres régions et continents (l’Afrique, l’Europe, le Maghreb…).
La-medinaLa médina de Tunis est riche de monuments importants, à commencer par ses souks, ses maisons et palais, ses mausolées, ses célèbres médersas et ses fameuses portes. MAISONS et PALAIS : En observant de près la médina de Tunis, on remarque bien qu’il s’agit d’un ensemble de petites médinas qui se reproduisent selon un modèle bien défini axé sur la classe sociale des habitants. En effet, il existe des quartiers qui étaient fréquentés par les aristocrates tels que les juges, les avocats ou les politiciens, et d’autres habités par les bourgeois comme les militaires, les commerçants, les notables…

La plupart d’entre eux date des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Dar Ben Abdallah: A l’origine baptisée Dar Kahia, Dar Ben Abdallah est un joyau architectural situé près de Tourbet El Bey, dans le quartier sud de la médina de Tunis. Depuis sa construction en 1796, ce palais est passé entre les mains de plusieurs personnalités, à commencer par le notable Mohamed El Bradaï El Ksontini. Mais c’est Mohamed Tahar Ben Abdallah, un riche tisserand de soie des souks de Tunis, qui l’acquiert pour y résider de 1875 à 1899, et c’est qui lui a donné son nom. Depuis 1964, Dar Ben Abdallah est devenue propriété de l’Office des arts tunisiens, qui l’a transformée en musée des arts et traditions populaires de Tunis. Suivant le modèle des maisons bourgeoises, Dar Ben Abdallah est formée de trois éléments importants qui sont la maison des maîtres (elle abrite actuellement le musée), la maison des invités à l’étage et les salles communes. L’actuelle salle d’exposition était à l’origine scindée en quatre appartements en forme de T renversé. Les panneaux de céramique, les stucs finement sculptés, le grand patio revêtu de marbre blanc et sa grande fontaine en marbre, les plafonds peints et le vaste jardin andalous révèlent le goût raffiné et l’aisance des maîtres des lieux. Dar Hussein : Dar Hussein est située dans le quartier de Bab Menara, connu aussi pour être la cité royale. La demeure a été construite au XIIe siècle et a été la propriété successivement de Ismail Kahia et Youssef Saheb Ettabaâ, qui sont parmi les plus célèbres. D’ailleurs c’est Youssef Saheb Ettabaâ qui a engagé de grands travaux de réaménagement et de décoration pour honorer sa future épouse, qui n’est autre que la sœur de Hammouda Pacha.

Dar Hussein a acquis ce nom depuis 1858 quand la demeure est devenue le siège de la municipalité de Tunis sous le général Hussein, mêmela médina si elle a été aussi connue par Dar El Achra, en référence aux 10 membres du conseil municipal de l’époque. Durant la période de protectorat français, Dar Hussein a abrité l’état major du général Léonard-Léopold Forgemol de Bostquénard. Décorée avec beaucoup de finesse à travers la boiserie peinte, les colonnes de marbre blanc, les faïences de Kallaline et le dallage de prestige, cette demeure est considérée comme l’un des plus beaux palais de la médina de Tunis. Après avoir été le siège de l’Institut national d’archéologie et d’art, Dar Hussein abrite depuis 1993 l’Institut national du patrimoine. Dar Lasram : C’est sans aucun doute l’une des plus belles demeures de la médina de Tunis de par son style et la richesse de son intérieur. Elle a été bâtie par l’homme politique tunisois Hammouda Lasram dans l’un des quartiers de notables, près de la Hafsia et de la rue du Pacha. Elle s’étale sur une surface de 2250 m². Ce palais, dont la construction date de 1820, suit un plan typique de l’architecture du XIXe siècle : le rez-de-chaussée réservé à l’habitation principale, une partie commune et l’étage réservés aux invités. Acquise par la municipalité de Tunis dans les années 60, Dar Lasram a été rénovée entre 1970 et 1972. Le défi était de garder le style authentique et de respecter la tradition de la maison tout en l’embellissant. Le résultat a été des plus somptueux : la porte d’entrée du palais encadrée de pierre calcaire et de plaques de grès, les colonnes en marbre autour du patio, les façades qui donnent sur la cour sont couvertes de stuc et de panneaux de céramique, le tout inspiré de décorations turques et andalouses. En 1968, Dar Lasram abrite l’Association de sauvegarde de la médina (ASM), qui a comme vocation première de préserver et restaurer les monuments de la Médina mais aussi sensibiliser le public sur l’importance du patrimoine tunisien. Dar Hammouda Pacha : Dar Hammouda Pacha est située dans la rue Sidi Ben Arous, connue pour avoir abrité la classe aristocratique de Tunis. Elle a été construite au XVIIe siècle par Hammouda Pacha Bey, avant qu’elle ne soit transmise par héritage à la famille de Salah Ben Mohamed Kahia. Un riche notable de Tunis, Hammouda Chahed, acquiert la demeure en 1872, c’est ce qui lui vaut le nom de Dar Chahed jusqu’en 1957. Dès 1995, c’est une société de développement touristique qui achète l’édifice et le transforme en café et restaurant de prestige, un haut lieu de la gastronomie tunisienne qui mêle l’univers magique du passé et le raffinement du présent.

dar-el-banani--bab-jdidDar Ben Achour : Dar Ben Achour est située à la rue du Pacha et fait la fierté des monuments prestigieux de la Médina de Tunis. A l’origine, cette demeure appartenait au grand vizir cheikh Mohamed Al Aziz Bouattour, qui l’a occupée dès la fin du XIXe jusqu’au XXe siècle. Il l’a cédée ensuite à son petit fils Mohamed Tahar Ben Achour, professeur et recteur de l’Université Zitouna et ensuite à Mohamed Fadhel Ben Achour qui était écrivain, théologien et grand intellectuel. La mairie de Tunis a acquis Dar Ben Achour en 1970 et après des travaux de restauration et de réaménagements, elle est devenue la Bibliothèque de la ville de Tunis. Le lieu ne se contente pas d’avoir comme mission de conserver et d’archiver les livres anciens, les manuscrits et les documents historiques mais participe aussi à l’animation de la médina par des expositions, des colloques littéraires et des rencontres scientifiques.