Les portes de la Médina de Tunis

Au début du IXe siècle, Tunis était considéré comme une base militaire importante, d’où l’existence des diverses portes disséminées dans la ville ; elles étaient reliées entre elles par de hauts murs. L’ensemble constituait les fameux remparts de la Médina. A l’origine cinq portes entouraient les habitations et les ruelles, sauf qu’avec le temps, certaines d’entre... View Article

Au début du IXe siècle, Tunis était considéré comme une base militaire importante, d’où l’existence des diverses portes disséminées dans la ville ; elles étaient reliées entre elles par de hauts murs. L’ensemble constituait les fameux remparts de la Médina.
A l’origine cinq portes entouraient les habitations et les ruelles, sauf qu’avec le temps, certaines d’entre elles ont disparu et ont été remplacées par de nouvelles portes, surtout pendant la période des Hafsides. Bab Souika : Au début appelée Bab El Saqqayin, elle se trouve à proximité du quartier d’Halfaouine et a pris son nom des petits souks qui l’entourent tel que celui de Sidi Mahrez.

Les-portes-de-la-Médina-de-Tunis-SmallBab Souika était connue pour les lignes de tramway qui passaient et ses rues attenantes animées par les artisans et les commerçants ; c’était aussi le lieu de rendez-vous de nombreux intellectuels, leaders politiques et artistes. Outre son rôle économique, Bab Souika représentait aussi un pôle stratégique très important ; en effet il s’agissait de l’emplacement idéal pour surveiller les routes menant à Bizerte, à Béja et au Kef. Pendant le mois de ramadan, Bab Souika était aussi connue pour ses cafés et ses restaurants ouverts jusqu’au matin, ils participaient ainsi à l’animation nocturne des environs, qui faisait partie intégrante des traditions des habitants de Tunis. Aujourd’hui, Bab Souika est associé à l’un des clubs de football les plus anciens de la capitale, en l’occurrence l’Espérance sportive de Tunis, qui y a installé son quartier général. Les festivités s’y font sentir à chaque match remporté. Bab El Bhar : Si son nom signifie « la porte de la mer », c’est qu’elle s’ouvre en direction du lac de Tunis. Aujourd’hui, elle est aussi appelée « Porte de France ».

Sa construction remonte à la période des Aghlabides mais c’est au temps du protectorat qu’elle a connu des modifications et des réaménagements. En effet, le consul de France Léon Roches avait décidé que les remparts n’étaient plus d’actualité, la porte fut ainsi démontée. Aujourd’hui, Bab El Bhar est le symbole de l’entrée de la Médina de Tunis de par son arc surbaissé et surmonté d’un parapet à créneaux, elle s’ouvre sur une magnifique fontaine d’eau fraiche et une petite place par laquelle on visite les souks. Bab Saadoun : Son nom est associé à un saint appelé Sidi Bou Saadoun, cette porte a été construite en 1350 et fait partie d’un deuxième lot de portes entourant Tunis. En effet, pour faciliter les échanges commerciaux et l’accès à Béja, à Bizerte et au Kef et surtout suite à l’agrandissement de la ville, les autorités ont dû construire de nouvelles portes. A l’origine Bab Saadoun était formée par une seule arche, mais en 1881 elle est remplacée par une autre porte à trois arches, qui est aujourd’hui l’une des plus belles portes de la Médina.

De nos jours, Bab Saadoun représente un véritable carrefour, elle s’ouvre sur plusieurs routes principales et est caractérisée par son animation. Bab El Khadra : Bab El Khadra ou la « Porte Verte » doit son nom aux vergers et aux cultures maraîchères qui l’entouraient et qui allaient jusqu’à la ville de l’Ariana. Cette porte fait aussi partie de la seconde tranche de portes de la Médina de Tunis, elle a été construite en 1320 et était formée par une simple arche. En 1881, l’édifice est démoli et reconstruit sous forme d’un arc surmonté d’un parapet à créneaux. Aujourd’hui, Bab El Khadra s’ouvre toujours sur des ruelles commerçantes où l’ambiance est toujours animée et mouvementée.