Chenini et Douiret


Tous ces noms ont un point en commun : ils sont ceux des villages berbères du sud tunisien. Comme tous les lieux d’habitation des Berbères, ils sont perchés au sommet de collines rocheuses.
En les visitant, c’est une nouvelle Tunisie que vous découvrirez : âpre, sauvage et fière. Pour cela, en route direction Tataouine !
Tataouine est le chef lieu du gouvernorat le plus au sud du pays, il est délimité à l’est et à l’ouest par le Sahara. Dans cette région, les routes se perdent dans l’infini des paysages arides : sur des dizaines et des dizaines de kilomètres, le jaune des pierres et des montagnes le disputent au bleu métallique du ciel. Rendez-vous est pris avec le dépaysement total.
Chenini
C’est un petit village troglodytique (18 km à l’est de Tataouine) situé sur le sommet d’une crête et qui semble avoir pris bien soin, en se nichant ainsi en hauteur et en se confondant avec le paysage (les pierres de ses murs ont été taillées dans la roche elle-même), de se protéger des envahisseurs. Chénini forme une citadelle avec ses constructions agglutinées les uns aux autres qui servaient autrefois de grenier et d’abri pour ses habitants lors des attaques extérieures. Plus bas se trouve la mosquée, seul édifice peint en blanc datant du 13ème siècle, puis encore plus bas les demeures plus récentes encore habitées (elles sont apparues lorsque le risque d’invasion et de pillage est devenu moins important) et enfin dans le creux de l’étroite vallée les cultures de céréales et d’oliviers. Du haut de la colline, vous pourrez jouir d’une vue magnifique qui devient encore plus admirable lorsqu’au coucher du soleil la pierre ocre devient rouge.
Vous ne manquerez pas non plus de visiter, à quelques kilomètres du village, la mosquée des 7 dormants qui abriterait, dit-on, les tombes de 7 chrétiens ayant voulu échapper aux persécutions romaines.
Pour la petite histoire, Chenini a donné son nom à l’une des lunes du film « La guerre des étoiles ».
Douiret

tataouine-tunisie
A la différence de Chenini, Douiret (20 km de Tataouine), le vieux village, est pratiquement abandonné par ses habitants. Les quelques personnes qui s’y trouvent encore sont des vrais Berbères parlant leur langue. En contrebas se trouve le nouveau village.
Construit sur le flanc d’un piton, perdu au milieu d’une région désolée et sauvage, Douiret est un de ces lieux qui semblent hors du temps et de l’espace. De loin, on aperçoit sa petite mosquée blanche vieille de 700 ans et qui tranche avec l’ocre des ghorfas ; adjacente à cette mosquée, une salle troglodyte plus ancienne encore servait de salle de prière et d’école coranique. Avec la restauration de quelques ghorfas (habitations très étroites réparties sur 3 ou 4 étages parallèles) creusées dans le ventre de la terre et superposées sur plusieurs niveaux, un gite a été aménagé ; vous pourrez y passer une à plusieurs journées pour vous purifier le corps et l’esprit. Tout autour, le monde semble peuplé seulement par le silence et c’est dans ce lieu magique que vous retrouverez la paix de l’âme. Ce site qui pratique l’écotourisme propose justement des stages de yoga, de méditation et des randonnées pour découvrir entre autres la montagne du Dahar, un massif culminant à 700 mètres et qui sépare en deux le sud tunisien. A pied, à dos d’âne ou de chameau, vous cheminerez le long des anciennes pistes des caravansérails et des sentiers en écoutant le vent murmurer à votre oreille les légendes et les traditions de cette région si belle et mystérieuse.
NB : l’écotourisme de Douiret est né sous l’égide d’une association, l’ASNAPED, regroupant « les habitants et les étrangers intéressés à préserver l’écologie, l’archéologie, l’histoire et la culture de Douiret».

Dans la zone comprise entre Matmata et Tataouine