El Haouria


Tout à fait au bout de la terre qui se jette dans la mer, dans cette péninsule appelée Cap Bon, un large promontoire pointé vers l’Est, se trouve une petite ville, El Harouia, qui est à la Tunisie ce que la ville de Brest est à la France. C’est un endroit qui se mérite car pour aller à sa rencontre il faut emprunter une route longue et relativement étroite qui vous balade à travers les collines et les plaines de cette très belle région (située à 120 kilomètres de la capitale, il faut compter environ deux heures de route). 
Quel enchantement lorsque vous arrivez enfin à destination : devant vous la localité faite de maisons blanches, un paysage sauvage, parfois tourmenté et la mer immense et bleue. Le tourisme y est très peu développé, ce qui fait que vous aurez l’impression d’être l’heureux élu à qui s’offre ce coin de paradis sur terre. Tel un explorateur, vous marcherez jusqu’en haut des falaises pour découvrir le lieu et ses environs (l’altitude offre une vue à 360° en dévoilant les plaines du Cap Bon et les eaux de la Méditerranée).

Puis vous vous aventurerez jusqu’aux carrières de Ghar el Kébir (littéralement la grande mer), qui sont d’immenses grottes carrières de grès exploitées par les esclaves du temps des Romains. C’est là que trouvent refuge de nombreux rapaces tel que le faucon, ils sont capturés et dressés par les habitants d’El Haouria pour la chasse. Au mois de juin, à l’occasion du festival de l’épervier, les fauconniers effectuent des démonstrations au cours desquelles les rapaces fondent sur de petits gibiers à plume. Enfin, repus par tant de merveilleux spectacles, vous vous rendrez dans un des restaurants d’El Haouria, au bord de l’eau ou dans le village lui-même pour déguster d’excellents poissons (cette localité et celle toute proche de Sidi Daoud vivent essentiellement de la pêche).