Sicca, Sicca Veneria, Colonia Julia Cirta, Cirta Nova, Sikka Beneria, Chaqbanariya et enfin Le Kef, tels sont les noms donnés à cette localité depuis l’époque carthaginoise jusqu’au XVIe siècle. Culminant à 780 mètres d’altitude, le Kef est la ville la plus élevée de Tunisie. Située à 175 kilomètres à l’ouest de Tunis, elle existe depuis la plus haute Antiquité.
Le Kef a connu une succession religieuse importante entre l’islam, le judaïsme et le catholicisme ; ainsi toutes ces religions ont laissé leurs empreintes à travers des édifices et des monuments. En effet, la ville était un centre important du mouvement soufi, d’où la présence du mausolée Sidi Bou Makhlouf et de la mosquée El Qadriya, deux symboles du mouvement.

Le mausolée d’Ali Turki est aussi considéré comme un édifice important de la dynastie qui règne sur la Tunisie entre 1705 et 1957 ainsi que la mosquée Jama el Kébir, qui a été construite au VIIIe siècle sur le site d’une basilique du IVe siècle. Pour découvrir Le Kef, rien de tel que visiter ses monuments les plus remarquables comme la Citadelle ou la Kasbah, qui a été restaurée depuis le XIX siècle et dont la porte d’entrée fut construite par les militaires français. Cette forteresse abrite chaque été diverses manifestations culturelles. Autre monument représentant la prospérité de la ville, la mosquée de Sidi Mizouni ou la Zaouia El Kadria, qui a été fondée en 1824. La visite se poursuit avec les vestiges romains bien conservés dont ceux de la basilique romaine à trois nefs, qui date du début du Ve siècle, des grands thermes dont la superficie couvre une surface de 2000m² et des citernes qui les approvisionnaient, qui pouvaient contenir 5000 à 6000 mètres cubes d’eau. Outre la Ghriba de Djerba, la ville du Kef est aussi dotée de sa Ghriba ; la synagogue datant du XIXe et du XXe siècles accueillait la communauté juive venue de plusieurs régions avoisinantes mais elle a été délaissée depuis les années 80.

C’est depuis 1995 qu’elle a été restaurée pour faire partie intégrante du patrimoine de la ville. Dar El Kahia est l’exemple même d’une demeure traditionnelle, elle a été bâtie au XIXe siècle et abrite actuellement le siège de l’association de la sauvegarde de la médina d’El Kef. Il y a aussi le musée des arts et traditions populaires qui est situé dans la Zaouia Rahmania dont la particularité réside en l’absence de minaret dans sa mosquée. Le musée abrite ainsi des représentations des métiers du souk comme le teinturier, le tisserand, le meunier… Par ailleurs, on ne vient pas à El Kef sans boire l’eau de Ras El Ain, qui jaillit au pied des rochers ; cette source déverse son eau depuis des siècles, d’où son importance dans le cœur des Kefois.