S’il y a bien une ville qui s’est imprégnée d’histoire, c’est bien Kairouan, qui a vu défiler des siècles de civilisations et de dynasties dont l’empreinte reste encore visible de nos jours.
En effet, Kairouan a été fondé vers 670 par Oqba Ibn Nafi, qui voulait en faire « une gloire pour l’Islam jusqu’à la fin des temps » ; le lieu est ainsi devenu la première ville islamique du Maghreb. C’est en 762 que Kairouan, très ouvert sur l’extérieur, s’entoure de remparts qui le protègent des attaques et des invasions. C’est sous la dynastie des Aghlabides que la ville a connu son essor de par les constructions, l’organisation du califat et le développement du savoir et des sciences. Aujourd’hui encore, on peut admirer plusieurs monuments qui restent le symbole de la prospérité et de la force de cette localité. A commencer par les fameux bassins des Aghlabides, qui étaient au nombre de 15 et dont l’édification remonte au début de la seconde moitié du IXe siècle. Il s’agit des plus importants ouvrages hydrauliques de l’histoire du monde musulman, ils servaient à approvisionner en eau les citadins de Kairouan.

kairouanL’un des édifices emblématiques de l’islam reste la Grande Mosquée de Kairouan, qui est considérée comme étant l’un des joyaux de l’art islamique à travers tout le Maghreb. Fondée aussi par Oqba Ibn Nafi vers 670, la Grande Mosquée est caractérisée par une salle de prière qui renferme 414 colonnes de marbre précieux, de granite ou de porphyre qui proviennent de sites antiques de Carthage, de Sbeitla… Outre son rôle défensif, la Grande Mosquée de Kairouan a été une institution d’enseignement des sciences islamiques, des mathématiques, de l’astronomie, de la médecine et de la botanique et c’est avec fierté qu’elle a accueilli en son sein d’illustres savants comme l’imam Sahnoun, Assad ibn Al-Furat, Ibn Al Jazzar… La visite historique de Kairouan se poursuit au Mausolée de Sidi Abid al-Ghariani, dont le bâtiment date du XIVe siècle mais aussi au musée de Raqqada, qui abrite le Musée national d’art islamique. Ce dernier conserve des collections de céramiques datant du IXe et Xe siècles, des collections numismatiques et des Corans calligraphiés dont les plus importants et les plus précieux sont les feuillets du Coran bleu datant du Xe siècle. C’est un texte rédigé en calligraphie coufique, angulaire et compacte couché sur un parchemin en vélin teint à l’indigo et à la garance d’origine indienne ou égyptienne. Après avoir visité Kairouan, il est indispensable de repartir avec un tapis, le produit artisanal par excellence. Sa fabrication remonte au XIXe siècle : le tapis kairouanais appelé aussi Allouche est en laine, en coton ou en lin avec la prédominance de la forme du losange. Il est clair que Kairouan garde toujours intacte sa valeur historique à travers les siècles.