Soliman


C’est une petite ville du Cap Bon aux origines andalouses et ottomanes. C’est la première localité que l’on rencontre lorsque, en venant de Tunis, on s’engage dans le Cap Bon, cette région bénie des dieux où le bleu de la mer le dispute au vert des forêts de pins et d’eucalyptus, des champs de vignes et d’oliviers et des vergers d’agrumiers. Ce qui explique qu’elle constitue un centre de commercialisation des produits agricoles de la zone environnante.
SolimanComme la plupart des communes du Cap Bon, elle aussi possède une belle plage distante de cinq kilomètres. C’est une des villes andalouses de la Tunisie puisqu’une importante population morisque, chassée d’Espagne, s’y est installée au XVIIème siècle. Les traces de cet apport sont principalement visibles dans son urbanisme et son architecture : la petite médina est ainsi formée de rues étroites et pavées qui se coupent perpendiculairement et de petites maisons blanches organisées autour d’un patio au milieu duquel trône souvent un arbre. Soliman connait un deuxième essor au XVIème siècle lors de l’installation de soldats turcs de l’empire ottoman. Les deux mosquées du centre ville témoignent de cette double influence, l’une à base carrée et l’autre à base octogonale (celle-ci a été entièrement reconstruite après sa destruction suite aux bombardements subis au cours de la deuxième guerre mondiale). A noter également ses passages voutés et les encadrements sculptés de ses portes. Soliman viendrait du nom d’un notable turc qui a acheté un vaste domaine agricole. 
En dépit de ces curiosités et du climat agréable propre à toute la région, la ville reste étrangère aux flux de touristes du fait de son éloignement relatif par rapport à la mer. Pour s’y rendre et la visiter, il faut donc être animé d’un esprit curieux pour l’architecture, les traditions et avoir le goût des petites villes de la Tunisie. De ses origines andalouses Soliman n’a pas seulement hérité son patrimoine architectural mais aussi gastronomique : la preuve sa pâtisserie à base d’amandes et ses gâteaux en forme d’arabesques. L’intérêt de ce lieu réside aussi dans sa campagne environnante formée essentiellement de vergers qui se succèdent sur la route en direction de la ville de Korba ainsi que sur la route en direction de la station thermale de Korbous. Tout du long de cette route-ci, des gargotes installées à ciel ouvert sur le bas côté donnent au passant la possibilité de faire une halte et de se sustenter en mangeant de délicieuses grillades de viande d’agneau accompagnées d’une salade.