Testour


C’est à environ 80 km au sud-ouest de Tunis que se trouve la ville andalouse par excellence, Testour. Bâtie au début du XVIIe siècle sur la Medjerda à l’endroit même du village romain de Tachilla, la ville a été occupée par les Maures chassés d’Espagne. En se promenant à travers les rues de Testour, on se rend bien compte de cette civilisation andalouse qui a laissé ses empreintes et dont l’architecture est caractérisée par les toits en tuiles, les ruelles droites et bien tracées, les minarets des mosquées en forme de clocher d’église… D’autres aspects de la vie à Testour sont inspirés par les Andalous comme les jardins potagers, destinés à la consommation courante des habitants, la chéchia ou encore l’industrie de la soie.

TestourS’il y a un édifice qui ne passe pas inaperçu dans cette ville et qui dénote de l’architecture morisque, il s’agit bien de la Grande Mosquée. Cette dernière a été construite au début du XVIIe siècle par un Morisque d’origine aragonaise qui a utilisé des matériaux bien spécifiques tels que des tuiles, des briques mais aussi des pierres extraites des ruines romaines trouvées sur place. L’aspect de la mosquée est des plus originaux avec un minaret en forme octogonale décoré par des étoiles de David, preuve d’une tolérance religieuse, un mihrab surmonté d’un fronton triangulaire directement inspiré de l’art de la Renaissance italo-espagnole… Testour est aussi connue pour abriter des marabouts musulmans et juifs dont les plus célèbres sont Sidi Ali El Eryyane, Rabbi Fradji Chaouat, Sidi Nasser El Garouachi. Qui dit Testour dit aussi le Malouf, cette musique méditerranéenne et andalouse qui garde en elle l’ensemble du patrimoine musical traditionnel tunisien ; d’ailleurs c’est à Testour que se déroule chaque année le Festival international du malouf et de la musique arabe traditionnelle. Dans ce sens, il est indispensable de visiter l’actuelle Maison de culture de Testour, qui était auparavant la maison de la chanteuse Habiba Msika, une figure emblématique du malouf.